Elisabeth PoiretDémarche artistique |
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Il y a, dans mon travail et ma démarche, une quête constante du sensible et du sens. Et cette quête s'accompagne, depuis longtemps, d'une déambulation à la fois artistique et spirituelle. Quête du sensible : de ce qui parle aux sens, m'émeut, m'attache aux autres hommes, contemporains ou non, par les multiples liens de la résonance intérieure, celle des affects, du plaisir et de la douleur, de la mémoire et de l'émerveillement. Quête du sens : de ce qui m'éclaire et me permet de diriger ma vie, de lui donner une armature, intellectuelle et spirituelle, et une certaine direction. Ces deux aspects de la quête sont naturellement complémentaires, dialectiques. L'un et l'autre se nourrissent de rencontres. Celle des œuvres de mes prédécesseurs et de mes contemporains : œuvres artistiques et poétiques, bien sûr, mais aussi scientifiques, philosophiques, psychanalytiques ou spirituelles. Ils se nourrissent également de ma confrontation à mon propre matériau intérieur, matériau que j'essaye de laisser venir à la conscience, d'accueillir, de comprendre et d'élaborer peu à peu pour en faire un langage. Dans cette compréhension et cette élaboration, le temps compte autant que la réflexion et la démarche volontaire. C'est sans doute le temps qui permet, chez moi, l'unification du langage, par l'intégration des opposés et des contrastes. Le temps, le temps réel aussi bien que le temps imaginé, m'est donc un appui constant, une sorte de bâton de pèlerin dont je ne saurais me passer. Il me sert de repère dans le processus depuis longtemps entamé d'unification intérieure. Unification de mon propre langage et de ma propre vision du monde. C'est cette unification que j'essaie de mettre en œuvre dans mon travail de peintre.
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